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Un ancien " bateau de la mort " à Rouen
SOURCE: Libération
DATE: 17 juin, 2003
EXCERPT:
A quelques jours du début du rassemblement de grands voiliers « Armada 2003 »
(du 28 juin au 6 juillet), la ville de Rouen a acceuilli la semaine dernière le
navire-école de la marine chilienne, l'Esmeralda. Ce quatre-mats à coque d'acier
a servi de centre de détention et de torture au lendemain du coup d'Etat du 11
septembre 1973. Les autorités militaires chiliennes nient toujours les exactions
commises à bord de la Dame blanche, le surnom du « bateau de la mort ». Pourtant
plusieurs dizaines de prisonniers y ont été torturés, pendus par les pieds en
haut des mats ou frappés et électrocutés dans les cales. Des faits confirmés par
le rapport Rettig de la Commission de la vérité mise en place après la dictature
de Pinochet.
Partout ou il accoste, l'Esmeralda déclenche la polémique. Cette année, en
raison du 30e anniversaire du coup d'Etat, la marine a même modifié son
itinéraire pour éviter les protestations. La Suède et les Pays-Bas on refusé
d'accueillir ce navire qui séjournera, a défaut, quelques jours sur les cotes
britanniques. En France, Amnesty International a organisé une manifestation sur
les quais de Rouen mercredi dernier. Le navire était aussi attendu cet été en
Espagne, mais pour l'heure, sa visite parait toujours incertaine : s'il s'amarre
à un quai espagnol, Baltasar Garzón, le juge madrilène responsable de
l'arrestation de Pinochet à Londres en 1998, qui instruit le dossier de
plusieurs disparitions à son bord, l'attend de pied ferme.
Oscar Veryier
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